En 1961, pour accompagner l’indépendance des pays de l’ex-Afrique Equatoriale Française et de l’ex-Afrique Occidentale Française ainsi que des Etats associés, les autorités françaises ont jeté les bases d’un dispositif destiné à aider les nouveaux États dans “l’organisation, le fonctionnement et l’orientation de leurs services de police et de sûreté”. Sa mission visera à mettre en oeuvre une assistance aux autorités locales concernant la gestion administrative et opérationnelle des unités de police, leur équipement et leur formation. De deux antennes en 1961, le nombre de délégations du SCTIP en Afrique a atteint désormais son plus haut niveau avec 23 délégations en Afrique sub-saharienne.
En 1976, le SCTIP ouvre sa première délégation hors d’Afrique, sur le continent américain, en Équateur en exportant vers des Etats demandeurs, aux liens étroits avec la France, une technicité et un savoir-faire éprouvés dans le domaine de la coopération de police.
Il faudra attendre 1990 pour que l’implantation du SCTIP à l’étranger prenne un véritable essor. En 2005 le réseau a atteint le nombre de cent délégations réparties sur les continents européen, africain, américain et asiatique.
Le développement et l’évolution de la grande criminalité et du terrorisme international ont nécessité la mise en place à l’étranger d’un dispositif d’officiers de liaison. Dès lors, la coopération policière française à l’étranger est devenue à la fois technique et opérationnelle.
Par instruction du secrétariat général du MAE en date du 9 mai 1995, le « délégué du SCTIP » s’est vu conférer le titre d’« attaché de police », et a intégré le personnel diplomatique de l’ambassade au sens de la convention de Vienne du 18 avril 1961 jouissant ainsi des privilèges et immunités diplomatiques.
Deux notes d’information de la DGPN (Direction Générale de la Police Nationale) en date du 24 avril et du 9 octobre 1997 ont reconnu l’ « attaché de police » du SCTIP comme “ le représentant unique de la police nationale vis-à-vis de l’ambassadeur du pays d’affectation, auprès de qui il a un rôle de coordination et de représentation.
Enfin l’article 291-1 de l’arrêté ministériel du 22 juillet 1996 portant règlement général d’emploi de la police nationale a confirmé le rôle du service central et des délégations du SCTIP concernant “la mise en œuvre de la politique étrangère de la France en matière de sécurité intérieure”.

La mise en œuvre de la politique de cohérence et de convergence en matière d’emploi des forces de sécurité intérieure, pour une plus grande efficacité de l’action policière, s’est traduite pour le SCTIP par la mise en place d’un réseau unique de sécurité intérieure à l’étranger.
Ce réseau a pour objectif, sous l’égide du SCTIP, et en étroite collaboration avec le ministère des affaires étrangères, de constituer une représentation commune des deux forces de sécurité intérieure françaises auprès des ambassadeurs et des partenaires étrangers de la France, pour une mise en œuvre cohérente et complémentaire, de tous les volets de la coopération technique internationale en matière de sécurité intérieure.
Les délégations du SCTIP à l’étranger sont désormais dirigées par un attaché de sécurité intérieure (ASI) qui est soit un fonctionnaire issu du corps de conception et de direction ou du corps de commandement de la police nationale, soit un officier de gendarmerie. Placé sous l’autorité de l’ambassadeur, l’ASI représente dans toutes leurs composantes les directions générales de la police nationale et de la gendarmerie nationale, hors les missions strictement militaires remplies par cette dernière.
